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 Orneval Périlleux

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MessageSujet: Orneval Périlleux    Mar 8 Déc - 6:53

Darnassus, quartier du marché.

Avançant à grandes enjambées, Gavariel se fraye un chemin à travers la foule, relativement inhabituelle à cette période de l'année, qui se masse sur les allées du marché. Les cris et les  vociférations fusent de toute part, comme les nouveaux arrivants de Gilnéas se pressent vers leur foyer, au creux du gigantesque rameau qui a été mis à leur disposition par les dirigeants de la capitale des Kaldorei. Le jeune elfe s'efface prestement pour laisser passer deux gigantesques homme-loups portant dans leurs bras une vieille femme qui semble mal en point. Gavariel croise un court instant son regard, y lisant de la peine et une certaine résignation, ce qui le renvoie à ses propres réflexions sur le statut de mortel, désormais apanage de sa race. Il se secoue pour revenir à ses considérations plus immédiates ; Se renseignant auprès d'une Sentinelle en faction quelques maisons plus loin, il poursuit son chemin vers le bosquet dévolu au Cercle Cénarien. Après un petit salut de la main à un jeune druide de ses amis, ses pas le mènent vers la bibliothèque, dont il apprécie instantanément le calme et la fraicheur. Ses yeux s'habituent rapidement à la pénombre, et, effleurant les silhouettes campées ça et là, se posent bientôt sur celle qu'il est venu chercher.


Installée à une des nombreuses tables d'étude, baignée par la fragile lumière d'un feu follet, une petite fée perchée sur son épaule,  Dewyvanera, un air visiblement préoccupée barrant son visage, manipule délicatement un petit ouvrage dont les pages évoquent le bruissement des feuilles dans le vent. La druidesse est plongée dans sa lecture et ses réflexions, quand un léger raclement de gorge la ramène au présent. Esquissant un rictus peu engageant, elle tourne la tête vers l'importun, et retrouve le sourire quand elle reconnaît la personne qui se tient là. D'un geste rapide, elle l'invite à s'asseoir, ce que Gavariel s'empresse de faire en poussant un petit soupir d'aise.

"Mon cher Gavariel, c'est toujours un plaisir de te voir", dit la druidesse, en recoiffant une mèche du  jeune elfe d'un geste affectueux, "mais tu sembles bien essoufflé, j'espère que ce n'est pas le vieux tyran qui te fait des misères ?", ajoute-t-elle en plongeant son regard dans celui de son ami.
"Rassures toi, mon apprentissage auprès de ton père se passe très bien, j'apprends énormément à son contact, même si il est vrai qu'il a ses humeurs, et, certains jours, il vaut mieux éviter de lui demander de … développer un peu ses propos. Au fond, je comprends et j'accepte son attitude."
"Mmhhh, il faudra que tu me dises comment tu fais, moi je n'y arrive pas, même avec la meilleure volonté du monde."
"Peut-être est-ce parce que je lui ressemble un peu, alors que toi, tu es sa fille, et que vous êtes comme le soleil et la lune tous les deux, à la fois différents, mais aussi irrémédiablement  complémentaires, tu dois savoir ça. Et si il est un tyran, c'est surement dans l'ordre naturel des choses, tous les chefs de meute le sont, finalement", ajoute Gavariel avec un clin d'oeil.
"Oooh, mais dis donc, tu aurais pu faire un druide tout à fait convenable, tu sais ?", dit en s'esclaffant la druidesse, s'attirant par la même occasion quelques regards interrogateurs, "c'est une vision des choses intéressante, qui ne m'avait jamais effleuré l'esprit, même pendant mon entrainement avec maître Mathrengyl. Quant au statut de "tyran" de mon cher père, il l'assume parfaitement, ce qui n'est pas mon cas … il faut dire que l'Histoire regorge de fils et filles de tyran, qui ont connu des fins tragiques. Un de ces jours, il faudra que je lui en parle, et que je lui demande quel héritage il a prévu pour moi …", dit Dewyvanera, le regard songeur.
"Eh bien, tu vas pouvoir l'interroger sur ce point, puisque c'est lui qui m'a envoyé auprès de toi. Il veut te parler …" Gavariel laisse volontairement la phrase en suspens, guettant la réaction sur le visage de son amie. Celle-ci ne tarde pas à se manifester par des sourcils émeraude arqués au dessus d'une paire de prunelles où se lisent tour à tour une brève incrédulité, une légère stupeur et au final, un rien d'amusement.

Sans un mot, un sourire aux lèvres, la druidesse se lève et se dirige vers la sortie, suivie par son ami.
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MessageSujet: Re: Orneval Périlleux    Mar 8 Déc - 6:56

Darnassus, dans les jardins au nord de la ville.


Dewyvanera observe son père et Gavariel, qui, non loin de là, échangent quelques mots. Puis, les deux elfes se tournent vers la druidesse et le plus jeune lui fait signe d'approcher. A mesure qu'elle avance, elle est partagée entre le plaisir de sentir l'herbe fraiche se faufiler entre ses doigts de pied, et le poids du regard de son père qui ne la quitte pas, deux flammes couleur gris acier qui suivent le moindre de ses gestes. La jeune elfe sent un instant l'appréhension qui vient de faire une boule avec son estomac, avant que sa discipline mentale de druidesse ne lui permette de reprendre le dessus, comme la pluie qui vient éteindre les braises d'un foyer menaçant.


Parvenue à la hauteur des deux hommes, elle ne peut s'empêcher de détailler Doriath, son père, son visage aux lignes dures, ses cheveux devenus blancs comme la neige qui, dit-on, a refroidi son âme, son nez légèrement busqué, son teint sombre qui rappelle le palissandre, la lippe sévère qui déforme sa bouche depuis le tragédie qui a bouleversé sa vie … Et ses mains, des mains calleuses d'avoir tenu si longtemps des armes pour lutter au sein de la Grande Alliance, des mains qui aujourd'hui manipulent d'autres armes, bêche, rateau, serpette, afin de participer à un autre combat, celui de la vie cette fois, ou, occasionnellement, une épée d'entrainement, afin de transmettre aux plus jeunes les notions qui les garderont, un peu plus longtemps, en vie sur le champs de bataille. Revenant sur le visage de son père, elle remarque qu'un léger sourire flotte maintenant sur ses lèvres, comme si l'examen auquel elle vient de le soumettre l'avait satisfait.

"Ma fille, tu as bien grandi." Les mots roulent comme le tonnerre sur les monts de Sombrivage, la note grave tempérée par le rayon de soleil du sourire qui n'a pas quitté ses lèvres.
"Oui, Père, le vent m'a porté vers une clairière où j'ai eu mon comptant de pluie et de soleil moi aussi, ces derniers temps … Un temps idéal pour faire pousser n'importe quelle graine." Au plissement des yeux de son père, elle sait que la remarque a porté. La tentation est grande d'ajouter quelque chose, mais le regard de Gavariel, qui n'a rien perdu de l'échange, l'en dissuade.
"J'oubliais à quel point les druides sont versés dans la connaissance intime du lien qui nous unit à la Nature, et je suis sûr que ce savoir t'a été très utile. Mais je ne t'ai pas fait venir pour t'entretenir de tout ça ; Gavariel m'a convaincu de faire appel à toi pour mener à bien une petite investigation sur les terres de nos ancêtres. La Horde suit le chemin autrefois emprunté par la Légion Ardente, et de paisible et sereine, Orneval est devenue une forêt périlleuse. Plusieurs de mes étudiants se sont rendus là-bas, pour prêter main forte aux Sentinelles, qui luttent sur plusieurs fronts, comme tu le sais déjà. Quelques-uns se sont enfoncés dans Orneval, dans l'espoir de porter le fer jusque dans le camp ennemi, en coupant les lignes de ravitaillement. Quête risquée, et je n'ai pas été surpris d'apprendre qu'ils ont quasiment tous disparus. Mais l'un d'entre eux a réussi à revenir jusqu'à Lor'Danel, et le récit qu'il a fait aux prêtresses d'Elune, avant de mourir, est étrange. Il raconte en substance, que son groupe, en contournant le Poste de Bois Brisé, a traversé un petit val parsemé de ruines Bien-Nés. Ils sont tombés alors sur une dame elfe qui n'a pas paru surprise de les voir ici, et les a même accueilli avec des paroles aimables. Il s'avère que l'elfe était une puissante sorcière, qui a fini par les plonger dans un profond sommeil magique. Lui n'a dû son salut qu'à une certaine force d'âme. Après de nombreux jours d'errance, il a fini par trouver une patrouille qui l'a ramené. Je sais à quel point cette histoire peut sembler folle, mais j'ai entrainé ces garçons, je ne veux pas croire que tout ceci soit le pure produit d'une hallucination consécutive à plusieurs jours de privations. Et cela implique donc que nous avons un nouvel ennemi à Orneval ; nous sommes déjà bien trop dispersés pour nous le permettre, aussi ai-je pris la peine de demander au Cercle Cénarien de te dépêcher sur place, afin d'élucider ce nouveau mystère. Tu devrais recevoir une convocation de Mathrengyl sous peu."
"Je vois que certaines choses ne changent pas, Père, je ne sais si je dois m'en réjouir ou en pleurer..."
"Vous autres druides mettez toujours les choses en balance, arguant que tout est question d'équilibre, perdant souvent votre temps en longs palabres quand les choses sont limpides. Quoi qu'il en soit, le choix t'appartient, mais j'entends que cette affaire soit menée avec célérité et efficacité ; tu es ma fille, agis comme telle et rends moi fier de toi."

Faisant demi-tour sans un regard de plus pour la druidesse, le vieux guerrier se saisit d'un seau et poursuit son travail auprès des jeunes pousses de Protecteurs. Et c'est une Dewyvanera toujours plongée dans ses pensées que Gavariel conduit vers le Bosquet du Cercle Cénarien.
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MessageSujet: Re: Orneval Périlleux    Mar 8 Déc - 6:58

Sombrivage, non loin de la forêt d'Orneval.


Écartant au maximum ses rémiges, un corbeau plane en direction du sanctuaire d'Aessina, profitant des courants ascendants qui, venus de la mer en cette heure tardive, sont déviés par les montagnes sur lesquelles est plantée Gangrebois. L'esprit encore embrumé par sa conversation avec son père, puis son maitre, Dewyvanera est ramenée au présent par les clameurs de combat qui montent vers elle. A quelques portées de flèches, elle assiste à un nouvel assaut des troupes de Hurlenfer contre un avant-poste kaldorei. Virant sur l'aile pour descendre en un large virage, elle voit les Sentinelles lutter pied à pied contre un ennemi toujours plus nombreux, la détermination des unes faisant écho à la ferveur des autres. Pendant un court instant, les choses sont incertaines, aucun des deux camps ne semblant en mesure d'emporter la décision. Alerté par les cris et les bruits, un jeune Protecteur sort du sous-bois, et vient prêter main forte aux Sentinelles en jetant des rochers sur les orques. Profitant de l'avantage ainsi accordé, les farouches guerrières commencent à repousser leurs adversaires, qui manquent de se désunir. D'énormes projectiles enflammés tirés par des véhicules de siège demeurés à l'écart, se mettent à pleuvoir alors sur le Protecteur, qui voit sa ramure dévastée par un incendie, le faisant paniquer. Écrasant indifféremment elfes et orques, l'arbre vivant, devenu un gigantesque flambeau, menace désormais de mettre le feu à la végétation proche.

Se posant sur un petit escarpement, la druidesse reprend sa forme originelle et tend son esprit vers les courants d'air chargés d'humidité, canalisant vents et nuages vers le lieu du combat. Ceux-ci répondent à son invitation, et c'est bientôt une forte pluie qui se déverse sur les combattants, cinglant les casques, trempant les armures de cuir et fer, rendant les armes glissantes. La pluie étouffe rapidement l'incendie, et, transformant la terre en boue, stoppe les véhicules de la Horde. Leurs occupants sont alors obligés de les abandonner, refluant devant l'ultime assaut des guerrières elfes furieuses, qui profitent de leur connaissance de ce terrain détrempé pour pousser leur avantage. Descendant de son perchoir, Dewyvanera adopte la forme de félin qu'elle affectionne tant, et se joint à la poursuite. Puis, une fois certaine que les orques ont été repoussés, au moins pour quelques heures, la druidesse revient à l'avant-poste. Les Sentinelles survivantes se sont regroupées autour d'une prêtresse d'Elune, qui leur prodigue soins et réconfort, pendant que deux acolytes de Cénarius tentent d'atténuer les dégâts du feu sur le Protecteur, à l'aide de morceaux d'écorces enduits d'un liquide de couleur ambrée.

La druidesse avise une Sentinelle qui se tient en retrait, assise dos à un arbre, l'épaule bandée et scrutant la forêt, et se dirige vers elle. Celle-ci l'accueille avec un faible sourire, où perce toute la lassitude d'une âme confrontée à des horreurs quotidiennes, mais qui continue à tenir, par devoir. Ne pouvant s'empêcher de ressentir une bouffée de sympathie pour cette guerrière, Dewyvanera se pelotonne un instant à ses pieds, ronronnant doucement quand elle reçoit quelques caresses et gratouilles derrière les oreilles. Puis elle reprend sa forme elfique, et s'assied, regardant en silence les troupes kaldorei réoccuper leurs positions, après avoir récupéré les corps de celles qui sont tombées au cours de l'escarmouche.

"Je suppose que c'est à vous que nous devons cette pluie providentielle" dit la Sentinelle dans un murmure. Sa voix est étonnamment calme, fraîche comme un torrent, "Elune soit louée et vous également pour votre intervention." Elle tourne la tête vers la druidesse qui réalise alors qu'elle a en face d'elle une toute jeune elfe, à peine sortie de ses classes, une de ses nombreuses jeunes femmes venues regarnir les rangs de plus en plus clairsemés de ce corps d'élite que sont les Sentinelles. Par Elune, ce conflit nous saigne à blanc, si ce sont désormais les plus jeunes feuilles qui tombent de l'arbre, pense alors Dewyvanera. Par respect pour sa jeune compatriote, la druidesse écarte ses noires pensées et esquisse un sourire.
"Oh, je n'y suis pas pour grand-chose, les nuages étaient déjà présents, il a été facile de leur indiquer dans quelle direction pleuvoir."
"Cela me rassérène de savoir que le temps est toujours de notre côté dans ce conflit, ainsi, quand la flamme qui nous anime sera mouchée, au moins les arbres qui pousseront sur nos tombes seront-ils toujours verts."
"Allons, ne dites pas de bêtises."
"Vous oseriez me prétendre que nous arrêterons le déferlement des orques ?"
"Je suis mauvaise juge des affaires militaires, mais vous parliez des arbres … Les orques en feront surtout du bois de chauffage, et avec le reste, ils feront une nouvelle palissade autour de l'appétit de leur chef, de peur que celui-ci ne finisse par tourner son attention vers eux, quand il n'aura plus sa ration de chair fraiche."
"Je donnerais beaucoup pour voir ça."
"C'est encore possible, il faut tenir le coup encore quelques temps."
"Difficile quand on voit combien des nôtres sont tombées aujourd'hui … Vous pensez donc que la chute des orques viendra de l'intérieur ?"
"Tout ce que je sais, c'est qu'une étoile qui brille deux fois plus, dure deux fois moins longtemps... Or, nul doute là-dessus : l'étoile de Garrosh est très brillante ces temps-ci, et cela ne saurait durer. Nous en pâtissons aujourd'hui, mais notre peuple a résisté à l'incendie de la Légion Ardente ; nous refleurirons aussi après le passage de la Horde, qui a la courtoisie de nous fournir l'engrais nécessaire."

La Sentinelle laisse échapper un petit rire, qui se termine par un rictus de douleur, avant qu'elle ne porte la main à son épaule.

"Je ne sais pas si vous êtes résolument optimiste ou juste délicieusement cinglée, mais ça fait du bien de rire. J'espère que vous ne nous quitterez pas trop tôt, il faudrait que vous racontiez votre théorie à mes consœurs."
"Je vous laisserais le soin de le faire, puisque mes pas me conduisent vers les profondeurs de la forêt."
"Vous êtes sur les traces de ce groupe de guerriers qui est parti vers Vent d'Argent il y a moins de deux lunes ?"
"En effet. Vous les avez croisé ?"
"Oui, nous avons même effectué une opération conjointe de reconnaissance sur Astranaar, afin de déterminer les forces en présence et le meilleur itinéraire pour leur mission. L'une de mes sœurs a perfectionné avec eux quelques techniques de guérilla, ils ont refait le plein de vivres et de munitions avant de s'enfoncer résolument dans le sous-bois. Ce fut un véritable choc quand nous avons vu émerger l'un d'eux, hagard et grièvement blessé aux abords de notre campement, moins d'une lune après."
"Quelle était la nature de ses blessures ?"
"Plutôt singulière, étant donné les lieux. On aurait pu s'attendre à ce qu'elles soient dues à des armes de facture orque ou gobeline, mais ce n'était pas le cas. Son dos et son ventre étaient couvert de plaies, son bras droit était sommairement bandé, mais les plaies étaient étranges, presque propres, pas comme celles qu'infligent les couteaux de boucher des hordeux. A bien y réfléchir maintenant, elles ressemblaient aux plaies que laissent nos propres armes."
"Suggérez-vous qu'il se serait battu avec un de ces frères d'arme ?"
"Je vous laisserais le soin de le découvrir. J'espère néanmoins que cela vous aura été utile. Pour ma part, je m'en tiendrais aux blessures que mon épée infligera aux énervés d'en face."
"Je comprends. Merci à vous d'avoir partagé vos observations. Dîtes moi juste dans quelle direction ils sont partis, et je me mets en chasse immédiatement."

La jeune Sentinelle tend alors le bras vers le sud-est, et se retourne pour ajouter quelque chose, mais son regard ne croise qu'un corbeau qui prend son envol en direction des ombres de la nuit.
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MessageSujet: Re: Orneval Périlleux    Mer 9 Déc - 5:44

Orneval, quelques nuits plus tard.


Tapie dans un bosquet, tous les sens en éveil, une panthère observe l'agitation frénétique qui s'empare du camp que les orques ont sommairement dressé sur les ruines de ce qui fut autrefois un sanctuaire des elfes, le refuge de Vent-Argent. Deux éclaireurs reviennent en courant vers la hutte de leur chef, qui les accueille par une série de grognements qui a tôt fait de les calmer un peu. S'ensuit une série de cris qui entraine la mobilisation d'une partie des troupes présentes, qui finissent par se disperser par groupe de quatre autour de divers points névralgiques, comme les machines de guerre, stationnées sur un terrain rocailleux pour éviter les enlisements, et l'enclos des loups de guerre, d'où montent des hurlements vite réprimés par le maitre des écuries et ses aides, tandis que le chef, entouré par des grunts d'élite, suit les éclaireurs vers le lieu où gisent trois de leurs camarades fraichement abattus. Le premier semble avoir eu le dos labouré et la nuque broyé par un animal, le deuxième a été sauvagement décapité et le dernier a tenté de prendre la fuite, ses efforts anéantis par la croissance accélérée des racines d'un grand frêne. Le chef orque observe la scène sans un mot, se contentant de faire jouer ses doigts sur la boucle de sa ceinture. Il pousse du pied les cadavres d'une dizaine de volatiles, des corbeaux et deux chouettes, en poussant un nouveau grognement, en comprenant que ses grunts s'entrainaient au tir sur les oiseaux. Sondant les ténèbres environnantes, regardant en direction des arbres où une créature pourrait se dissimuler, il se met à piétiner les volatiles, réduisant les corps à l'état de pulpe, dévoilant un sourire plein de dents à chaque craquement d'os. Mais la provocation reste sans effet, et se tournant vers sa troupe, beugle quelques ordres afin que les corps des soldats soient ramenés au camp.


Dewyvanera n'a rien perdu de la scène, et si, un court instant, son instinct lui a crié de bondir sur l'orque, elle a su le réfréner, le calmer en léchant les plaies qu'elle a récolté, et le sang qui macule encore ses babines. Elle reste surprise par la vigueur et l'ardeur de sa réaction ; Bien qu'ayant décidé de passer sans bruit près du campement, elle a senti son sang bouillir quand elle est tombée sur ses trois idiots qui faisaient un carton sur les oiseaux, et notamment les corbeaux. Lacher la bride à la bête a été redoutablement facile, et c'est presque en spectatrice qu'elle a assisté à la mise à mort. Elle a même du lutter pour reprendre le contrôle des choses, surtout quand le dernier a pris la fuite et qu'il a fallu, pour avoir une chance de le stopper, faire appel à la part végétale qui sommeille en chaque être. Mettant ce déséquilibre momentané sur le compte de la fatigue qui commence à se faire lourdement sentir, la druidesse décide de s'octroyer une courte pause, et, reprenant sa forme originelle, grimpe jusqu'à la cime de l'arbre, afin de contempler les étoiles. De ses yeux d'elfe, elle se régale alors du tableau qui s'offre à elle, la course de la Lune et son cortège d'étoiles jouant à cache-cache avec les nuages, sur le diapré sombre de la nuit. Une douce torpeur l'envahit bientôt, et elle finit par fermer les yeux.

Le réveil. Une sensation étrange. Un coup d'oeil à la Lune, qui n'a presque pas bougé dans le ciel, signe que l'assoupissement n'a été que passager. Prenant garde à ne pas faire de bruit, la druidesse étire ses muscles pour éviter les engourdissements. Une boule à l'estomac. Elle prend conscience que son instinct tente de lui dire quelque chose. Elle tend l'oreille.

Rien.

Le silence.

Enfin presque. A peine audible et pourtant indubitablement là, une mélopée plane dans l'air froid. Scrutant la forêt, elle note que la brume, absente il y a encore quelques minutes, a fait son apparition, en un épais voile qui dissimule le sol à sa vue. Bien décidée à profiter de cette nouvelle alliée, qui l'aidera à se faufiler entre les lignes ennemies, elle se laisse couler de l'arbre. Elle se réceptionne sur un lit de branches mortes, et tique en entendant le son étrangement étouffé qui parvient à ses oreilles. Adoptant sa forme de félin, elle ouvre ses sens à la nuit, le contact de la terre dure sous ses coussinets, la fraîcheur de la brume atténuée par son pelage, l'odeur de l'humus froid qui monte vers ses narines. Mais le plus surprenant reste l'absence de bruits ; la nuit accueillant les activités de nombreuses espèces, le silence ne règne jamais vraiment, et malgré les déprédations des membres de la Horde, la nuit fourmille toujours d'activités. Sauf que là, rien. Se concentrant sur le chant, la druidesse se met à remonter la piste, en restant sur le qui-vive. Elle passe à côté du camp des orques, qui ne présente aucun signe d'activité. Nul bruit ne vient troubler la paix de la nuit. Même les feux qui éclairent les différents bâtiments semblent plus … discrets, et ternes. Dans l'esprit de la druidesse, blottie au fond de sa forme animale, les éléments commencent à se mettre en place ; Toutes ses sensations ne sont pas sans lui rappeler les divers séjours qu'elle a fait dans le Rêve d'Emeraude. Et c'est avec une prudence et une attention redoublées que Dewy se laisse guider par le chant.
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MessageSujet: Re: Orneval Périlleux    Ven 11 Déc - 5:04

Orneval, la même nuit.


S'aventurant sur les sentiers cachés qui parcourent la forêt, la druidesse s'enfonce toujours plus avant, guidée uniquement par la musique qui tourbillonne de plus en plus dans ses oreilles, et par l'astre lunaire, dont la lumière croît en intensité à mesure qu'elle progresse. La végétation dessine petit à petit un chemin, qui devient clairement identifiable, et qui la conduit rapidement à une petite vallée légèrement encaissée, que les troubles récents liés au cataclysme semblent avoir dévoilé. Elle s'arrête alors, ne reconnaissant pas l'endroit, et hume l'air par réflexe. Les odeurs qui lui parviennent sont étonnamment familières, des senteurs musquées d'elfes dans la vigueur de la jeunesse, auxquelles se mélangent les notes plus suaves de diverses fleurs, et même de nectar et d'hydromel. Le chant est devenu mélodieux, il est porté par une voix claire, évoquant les atours d'une dame et leurs effets sur le coeur de ses soupirants. Malgré la surprise qui se fait de plus en plus grande en elle, et son instinct qui lui enjoint avec force de faire demi-tour, c'est finalement la curiosité qui se révèle la plus habile des conseillères, la faisant avancer précautionneusement vers une petite éminence, d'où elle espère pouvoir avoir le fin mot de l'histoire.


Bien que la nuit soit encore jeune, la clarté de la lune inonde généreusement l'endroit, qui ressemble à une gigantesque entaille creusée dans la roche par un ancien cours d'eau, peut être un affluent de la Falfarren, et maintenant tari. Les parois, d'abord abruptes, s'adoucissent vers le fond, où coule un petit ruisseau, qui vient lécher paresseusement une série de petits monticules de tailles diverses. La plupart sont recouverts d'un épais duvet herbeux, qui, avec les jeux d'ombre, leur donne l'allure de paisibles léviathans endormis. Deux d'entre eux sont constellés de petites fleurs en forme de clochettes. Mais ce qui attire l'attention de Dewyvanera, c'est le petit groupe qui se tient sur le dernier tertre ; Autour d'un petit feu, à l'ombre d'un cercle de pierres en ruine, trois Kal’dorei, une femme et deux hommes assis, écoutent avec attention un quatrième qui, s'accompagnant d'une petite harpe, entonne les derniers couplets d'une mélancolique chanson d'amour. Sa voix s'éteint finalement, et tous les visages se tournent vers la femme, vêtue d'une robe sombre, mais dont le port de tête et la stature évoque indéniablement une reine. Celle-ci salue la fin du chant d'une brève inclinaison de la tête, assortie d'un sourire, avant de se lever en lissant les pans de sa robe et en tapant rapidement des mains.

"Allons, mes amis, il est temps pour nous d'accueillir notre nouvelle invitée."

A ces mots, les trois elfes tournent leur visage vers le surplomb sur lequel se tient la druidesse. Les deux spectateurs se lèvent à leur tour et, dans une même impulsion, se dirigent vers Dewyvanera. Bien que ne semblant pas animés de mauvaises intentions, leur mise ne laisse aucun doute sur leur identité : le crissement des mailles de leurs bottes et de leurs jambières tranche dans le silence de la nuit, et la lune jette des gouttes d'argent sur les fourreaux de leurs épées. Souplement et presque sans effort, ils se hissent à la hauteur de la jeune femme et l'invitent, avec un sourire, à venir les rejoindre. Laissant échapper un drôle de soupir, la morphologie des félins n'étant pas faite pour cela, la druidesse décide de jouer le jeu, et reprend sa forme initiale. Mettant ses pas dans ceux de son "escorte", elle se retrouve rapidement auprès du feu, où le dernier Kal’dorei l'accueille avec une profonde révérence, ce qui ne laisse pas de la surprendre encore un peu plus. Répondant à son salut par un simple sourire, elle se tourne vers la femme vers laquelle convergent maintenant tous les regards. Le sourire de la "reine" témoigne de sa joie en cet instant, et, d'un petit geste, elle invite la nouvelle venue à s'asseoir près d'elle.

"Approchez-vous, chère enfant, soyez la bienvenue parmi nous. Je présume que mille questions se bousculent derrière ce front adorable."
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MessageSujet: Re: Orneval Périlleux    Ven 18 Déc - 6:45

Orneval, la même nuit.

Répondant à l'invitation de son hôtesse, Dewyvanera se rapproche et s'assied à ses côtés, sur un petit banc de pierre. Le froid minéral se propage à travers l'épaisseur du cuir de son pantalon, et malgré la présence du feu, qui ronfle doucement, elle ne peut réprimer un frisson. La femme se penche alors vers elle, posant une main sur son bras et, se méprenant peut-être sur l'origine du tremblement, lui adresse un nouveau sourire aimable. La druidesse en profite pour détailler son visage, semblable à celui d'une Kal’dorei d’âge mûr, et pourtant subtilement différent, un peu plus rond, au cœur d'une cascade de cheveux blonds que la lune blanchit encore, les oreilles fines, décrivant une petite courbe vers le haut. Sa peau pâle fait ressortir le carmin de ses lèvres, son front est ceint d'un petit diadème en métal sombre, qui tranche avec l'intensité de son regard. Elle possède la beauté d'un paysage d'été que les premiers signes de l'automne viendraient parer de touches d'ocres, de brun et d'or. Sans trop savoir pourquoi, un fugace souvenir de sa mère envahit l'esprit de Dewyvanera, comme une présence apaisante. Se raccrochant à ce sentiment comme à une liane, la druidesse se décide à poursuivre ses investigations.

« Puisque mon chemin m’a mené jusqu’ici … jusqu’à vous, puis-je déjà m’enquérir de votre nom, madame ? »

« Oh, ma douce enfant, vous avez raison, je manque à tous mes devoirs d'hôtesse, moi qui insistait naguère auprès de mon frère pour qu'il inculque quelque éducation à ses compagnons … Vous pouvez m'appeler Morrigael. »

Fronçant les sourcils, comme si ce nom devait lui rappeler quelque chose, la druidesse se contente de hocher la tête, et bien que ne sachant pas encore grand-chose des forces en présence ici, elle est décidée à mener jusqu’au bout son enquête, d’autant qu’on semble disposer à lui laisser le champ libre pour cela.

« C’est entendu, Dame Morrigael. Où sommes-nous exactement ? Je ne crois pas connaître cette vallée, et j'ai pourtant parcouru cette forêt dans tous les sens, et à de multiples reprises. »

Tout en formulant ses premières interrogations, elle ne peut s’empêcher de noter que son interlocutrice l’observe avec un mélange d’attention et d’hautaineté, que son sourire, le même qu’une mère adresserait à son enfant, parvient à adoucir.

« Mon enfant, vous êtes sur mon domaine, Val-Joyaux, qui est tout ce qu'il reste du royaume de mon frère ; royaume qui fut autrefois un havre de paix et de stabilité, face aux visées hégémoniques de la Reine-Sorcière et de ses …vassaux. »

Morrigael énonce ces mots sur le ton de la conversation, mais les éclairs qui brillent dans ses yeux ne laissent aucun doute quant à la nature des sentiments qu’elle nourrit vis-à-vis de ceux qu’elle vient ainsi de qualifier.

« La Reine-Sorcière ? Un instant … Vous voulez parler de la reine Azshara ? »

« En effet, et je vous saurais gré de ne plus prononcer ce nom ici. Ses maléfices sont puissants, car liés à son sang et à son âme. L'évoquer en vain est le plus sûr moyen d'attirer son attention. »

« Je vous prie de m'excuser, telle n'est pas mon intention. Mais enfin, comment cela serait-il possible ? Elle et ses plus fidèles alliés ont été vaincu, après avoir offert notre monde en pâture à la Légion Ardente. Je le sais … ma mère l’a vécu. »

La druidesse prononce ces derniers mots avec une note d’amertume dans la voix. Ce que son interlocutrice perçoit, lui adressant un nouveau sourire et en lui caressant la joue du dos des doigts.

« Je sais tout cela également, mon enfant. Mais le mal qu’elle a libéré en ce monde n’a été que repoussé, et non vaincu, comme vous le dites. Et c’est pour cela que vous, et ces valeureux jeunes gens (elle désigne d’un geste élégant les trois elfes restés silencieux) avez franchi les limites de mon domaine, afin de reprendre le flambeau que mon frère a laissé s’éteindre, voilà bien des années, mais qui doit briller à nouveau, pour restaurer la splendeur des jours anciens, quand nous étions pleinement les enfants des étoiles, gouvernant avec l’autorité des sages, préservant la paix et le cycle de la vie sur Kalimdor. »

L’esprit de la druidesse se remplit alors d’images et de sensations dont elle ignore la provenance. Le phénomène en lui-même n’est pas très dérangeant, et même, à bien des égards, plutôt agréable, surtout quand le visage souriant de sa mère vient réchauffer son cœur ; mais ce genre d’expérience intervient en général quand elle entre, ou sort, du Rêve d’Emeraude, et c’est la première fois, à sa connaissance, qu’elle ressent un tel déferlement de sensations, si loin des aires de méditation qui sont supposées faciliter l’accès à ce royaume, qui constitue l’un des piliers de la vie des druides, et plus largement, des Kal’dorei, depuis maintenant des millénaires.

Ainsi, bien qu’elle ait très envie de rester assise à écouter Morrigael lui exposer la raison … supposée, de sa présence ici, Dewy doit faire un léger effort de volonté pour ne pas perdre de vue sa mission, qui lui a fait parcourir une grande partie d’Orneval. Détachant son regard de celui de son hôtesse pour le poser sur le visage de ces congénères silencieux, elle poursuit son investigation.

« Vous me parlez de votre frère, et de la mission dont il semblait investi, mais qui est-il exactement ? »

« Ah, ma chère, je vois que le temps a été cruel avec lui, si la clameur de ses exploits n’est pas parvenue jusqu’à vos oreilles. Mon frère se nomme Gwyddion, mais vous avez peut-être quand même entendu parler de lui indirectement, par les membres du Cercle de Cénarius, qui évoquent parfois le légendaire Roi-Ours. »
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