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 Histoires Naines - I

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Angvald



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MessageSujet: Histoires Naines - I   Mer 16 Déc - 8:25

Le Roi, La Lame et le Rempart - 1

Le claquement métallique des lourdes bottes ferrées résonnaient dans les couloirs sombres du Vieux Forgefer. Le pas était vif, décidé. A cette heure avancée, badauds, prêtres et prédicateurs en tout genre avaient désertés l’endroit depuis longtemps et seuls les Gardes royaux de faction étaient présents. Ils connaissaient bien ce pas et s’étonnaient, voire s’inquiétaient, d’une inspection surprise à cette heure : le Commandant de la Garde Royale leur rendait visite au milieu de la nuit et ce n’était certainement pas pour leur apporter un fût de bière.

Les pas se rapprochèrent du lieu le plus sacré de Khaz Modan et les gardes rectifièrent la position juste à temps, ce qui fit sourire intérieurement leur officier supérieur. « Braves soldats, se dit-elle, n’ayez crainte, je ne viens pas pour vous cette nuit. » Gravissant le dernier escalier, le Rempart du Roi, officier commandant de la Garde Royale se figea au seuil de la dernière salle. Malgré les années, elle n’avait jamais pu s’y faire : contempler son Roi, naine figure de diamant brut, lui vrillait le coeur à chacune de ses visites, c’est-à-dire chaque jour depuis… depuis ! La statue de diamant, pétrifiée dans la douleur de la malédiction, semblait l’accuser quotidiennement : « Tu as trahi ton Roi, toi le Rempart ! Toi qui devait me protéger en toutes circonstances, tu as failli ! ». Elle déglutit pour chasser le goût amer qui envahit sa bouche et reporta son attention sur le sergent de nuit qui s’approchait d’elle. Elle reconnut le vieux Turgrïn et sa barbe grisonnante, qu’elle avait toujours connu depuis son entrée dans la Garde.

Chez les Poing-de-Fer, on avait toujours été loyaux envers le Clan royal des Barbe-de-Bronze, et cela remontait même à bien avant la Guerre des Trois Marteaux, du temps du Haut Roi Modimus Courbenclume, quand tous les clans nains étaient unis sous la même bannière. Depuis des générations, les Poing-de-Fer avaient servi dans la Garde Royale, et qu’une de leur descendante, une femme de surcroît, en deviennent le Commandant, devait emplir ses ancêtres de fierté. Et de jalousie sans doute aussi se disait-elle souvent. Une femme comme Rempart du Roi ? Ils avaient dû se retourner dans leurs tombes, les honorables ancêtres !
Mais elle les avait gagné à la dure, ses galons, et aujourd’hui personne à Forgefer n’oserait mettre ses compétences en doute. De plus, ultime fierté pour les Poing-de-Fer, sa jeune soeur était également entrée au service du Roi, mais pour des « tâches » nettement plus discrètes. Nul ne savait ce que faisait ni où était envoyée la Lame du Roi. Ni pour y faire quoi. Sauf le Roi, et lui seul.
Lame et Rempart, les deux soeurs Poing-de-Fer, dernières du nom. Quel honneur !

« Commandant ? A cette heure de la nuit ? que se passe-t-il ? ». La question du vieux sergent sortit de sa rêverie Isström Poing-de-Fer, inutile Rempart du Roi pétrifié sous la montagne.
« Rien qui vous regarde, sergent » lança-t-elle sèchement tout en s’avançant au centre de la pièce en lançant un regard circulaire. « Une affaire de la plus haute importance, et pour laquelle je dois être seule ici-même. Soldats, laissez-moi et sortez. Tous. »
Les gardes échangèrent des regards, déconcertés. Jamais, Ô grand jamais, le Roi Magni ne devait être laissé seul, sous aucun prétexte. Interloqué, le vieux sergent allait répondre mais il fut devancé par un jeune garde : « Commandant ? mais nous ne devons jam… ». Isström le fusilla du regard : « Ilgür ! Faut-il que je te recasse le nez comme l’autre fois à l’entrainement ? Je vous ai donné un ordre. SORTEZ TOUS ! »
Hésitants mais redoutant le courroux de leur officier, les gardes sortirent lentement un à un du mausolée. Avant de quitter la place, le vieux sergent ajouta à voix basse : « Isström, non… tu ne dois pas. Il doit y avoir une autre solution… »
Portant un regard adouci sur le vieux nain, Isström lui répondit d’une voix lasse : « Nous en avons déjà parlé, Turgrïn. J’ai failli et je dois le payer. Il ne sera pas dit que le nom de mes ancêtres sera inscrit sur le Livre des Rancunes par ma faute. Je dois trouver le moyen de rompre cette malédiction et de ramener notre Roi parmi nous ! S’il te plait, laisse-moi à présent. »
Résigné et soupirant, le sergent posa une main sur l’épaule de son commandant puis sortit à son tour. Isström se retrouva enfin seule dans la pièce. Elle entreprit alors d’éteindre les torches pour n’en laisser qu’une seule allumée et la pièce s’assombrit encore davantage.

« J’ai cru qu’il ne partirait jamais, P’tite Soeur ». Sortant des ombres, la Lame du Roi avança au centre de la pièce.
« Il est inquiet pour moi. Pour toi aussi d’ailleurs, tu le sais bien. Et cesse de m’appeler P’tite Soeur. Je te rappelle que c’est moi l’aînée !… bon, tu as pu la trouver ? L’as-tu amenée ?»
Avec un haussement d’épaule pour toute réponse, l’espionne personnelle du Roi tira du recoin sombre d’où elle était apparue un lourd sac de cuir qui résonna d’un bruit métallique en heurtant le sol. « Tiens, la voilà. Tu ne devrais pas douter de moi ainsi, P’tite Soeur, c’est vexant à la fin. Et finissons-en. Je n’aime pas cet endroit ».
Sans un mot, elle regarda sa soeur se défaire de la lourde maille et du tabard de Commandant de la Garde. Puis elle l’aida à dégager du sac l’antique armure familiale des Poing-de-Fer, marquée des têtes de sangliers aux épaules. Le vieux casque avait souffert, une corne était brisée par le milieu, mais la vieille lame était huilée et affutée de neuf et le bouclier avait été restauré par Isström elle-même. De même, elle avait ajusté plastron et cuissards pour mieux correspondre aux formes féminines : les anciens forgerons qui avaient fabriqué cette armure n’auraient jamais pu imaginer qu’une femme puisse un jour la porter. Et encore moins au combat !

Une fois harnachée, elle fit face à sa jeune soeur qui repoussait en arrière la capuche qui dissimulait ses traits.  Une courte hésitation et puis la Lame fit apparaître dans sa main une fine dague et d’un geste sec, trancha sa longue et épaisse natte. Elle en noua les deux extrémités et les scella à la cire. De son côté, Isström avait défait sa coiffure en macarons, dite Coiffe de Leia, pour en faire une tresse étroite qu’elle coupa à son tour et la ferma avec les mêmes noeuds cirés que sa soeur. Puis, les yeux dans les yeux, elles échangèrent leurs tresses.
« Je te la rendrai avec ton honneur, ma Soeur » dit l’une.
« Et moi avec le tien, ma Soeur » répondit l’autre.
« Pour le Roi, le Fer fend la Pierre » ajouta l’une.
« Pour le Roi, le Poing guide le Fer » conclut l’autre. Puis, elles passèrent les mèches nouées à leurs ceintures sans un mot. Le serment avait été prononcé, scellé par la devise de leur clan.
« Il est temps de partir, Isström. Je te donnerai de mes nouvelles.»
Et sans ajouter un mot, la Lame se fondit dans les ténèbres et disparut.

A nouveau seule, Isström lâcha un profond soupir. Puis elle passa la lourde épée naine à son côté, fixa le bouclier dans son dos et quitta les lieux sans autre formalité. Toute à ses pensées, elle fût surprise quand au détour d’un passage, elle se retrouva face à toute la Garde du Roi Magni, en rangs serrés et au grand complet. Turgrïn, qui avait battu le rappel, s’approcha d’elle. Elle vit la stupeur de ses guerriers qui la découvrait sans uniforme ni tabard, les cheveux taillés courts. Les signes étaient on ne peut plus clairs et confirmaient les rumeurs qui avaient cours depuis plusieurs semaines dans les dortoirs. Elle lut aussi la tristesse dans les yeux du vieux sergent.
« Commandant, je vous en conjure, prenez au moins quelques-uns d’entre nous avec vous. Les volontaires ne manquent pas… »
« Hors de question, Turgrïn, le coupa-t-elle. Votre devoir est de veiller sur le Roi. Le mien est ailleurs. Et je ne suis plus votre Commandant à partir de maintenant. Vous élirez un nouveau Rempart dès que possible et vous… »
A la surprise générale, Turgrïn l’interrompit d’une voix forte et sur un ton qu’il n’aurait jamais pensé utiliser un jour avec elle :
« Il suffit Commandant ! Il n’y a qu’un seul Rempart du Roi, et elle se trouve tout juste devant moi ! Et du fin fond du monde ou du haut du ciel et par delà les étoiles, qu’elle appelle, et la Garde répondra !»
Puis, en fixant Isström droit dans les yeux, il lui tendit à deux mains le Cor de la Garde, que seuls les doyens de la Garde les plus valeureux peuvent porter. Isström comprit qu’elle ne pouvait refuser l’hommage et prit respectueusement la corne gravée de runes pour en fixer la lanière de cuir à sa ceinture. Turgrïn esquissa un sourire triste avant de reprendre son air grave. Il se mit lentement au garde-à-vous sans prêter attention à la grosse larme qui mouillait sa joue ridée avant de se perdre dans l’épaisse barbe.
Personne ne soufflait mot et une longue minute d’un épais silence passa…

Puis, toujours dans la même position, le vieux sergent, l’ancien mentor de celle qui était devenue sa supérieure et sa plus grande fierté, celle qu’il considérait comme sa propre fille, Turgrïn Hache-Brisée, doyen de la Garde et Porteur du Cor, planta un regard fier et inébranlable dans ceux d’Isström et s’exclama d’une voix emplie de feu et de tonnerre :
« Gardes du Roi ! » Et la troupe d’élite entière se figea en un garde-à-vous magistral et sonore.
« Pour Khaz Modan ! Aï-Ho ! » ordonna leur sergent.
« Aï-Ho » reprirent en choeur les gardes.
« Gardes du Roi ! Pour le Rempart ! Aï-Ho ! » appela Turgrïn.
« Aï-Ho ! Aï-Ho ! » répondit encore plus fort toute la troupe, alors que les haches frappaient sèchement les boucliers en un salut solennel qui résonna longtemps dans les couloirs sombres du Vieux Forgefer.

Tout était dit. Sans un mot de plus, le Rempart du Roi quitta les lieux. En bas, les ordres du vieux sergent au regard embué de larmes lui parvenait comme l’écho d’une ancienne vie. Il était temps de faire ce qui devait l’être, à commencer par chercher les talents particuliers dont elle avait besoin. Et cela, elle savait exactement où les trouver. Elle passa prendre ses affaires dans ses quartiers pour enfin se diriger d’un pas sûr vers le Tram des Profondeurs, direction Hurlevent…
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MessageSujet: Re: Histoires Naines - I   Jeu 17 Déc - 8:43

Quelques jours avant, dans les profondeurs de Gnomeregan.


Une petite troupe de gnomes de l’I.M.U.N. progresse en file indienne, se dirigeant vers le cœur de la cité, encore tenue par une importante force de gnomes lépreux. Les petites silhouettes aux reflets métalliques investissent un couloir éclairé par les lumières clignotantes d’une alarme de sécurité. Le hurlement de la sirène est à peine atténué par l’épaisse fumée graisseuse qui sort du conduit de ventilation courant au plafond. Voilà qui devrait camoufler efficacement la manœuvre. Du moins en théorie. A peine la section a-t-elle pris position qu’un feu roulant de tirs provenant d’une position dissimulée vient ajouter au vacarme ambiant.

« DISPERSIOOOOOONN !! »

L’ordre hurlé par le chef de section fait crachoter les gnomophones intégrés aux casques, et aussitôt, les silhouettes s’éparpillent, cherchant désespérément un couvert, encoignures de portes blindées, bigobox hors services, piles de débris provenant d’un mécanotrotteur carbonisé. Mais malgré la promptitude des troupes stimulées par les drogues de combat, les projectiles envoient bouler plusieurs soldats, en sonnant certains, en blessant d’autres. Les autres tentent de répliquer comme ils le peuvent, mais leur armement, plus efficace pour le corps à corps, ne leur est que d’une très relative utilité contre la déferlante des tirs de leurs adversaires, visiblement mieux préparés. Cherchant un endroit un peu plus calme, ou moins bruyant, dans cet enfer, le chef de section se penche alors vers le gnomophone qui le relie au poste de commandement de sa compagnie.

« TOUBIIIIIIIIIIB !! »

Le cri vrombit dans les oreilles de Mezzanine, restée un peu retrait avec le reste de la troupe. Elle vérifie que la polarisation de son armure est bien optimale, puis fait de même avec celles de ses deux assistants et, d’un geste, elle leur fait signe de la suivre. Enfilant les couloirs à vive allure, enfin aussi vite que ses jambes plus le poids de son armure de TechnoDoc le lui permettent, elle se rend au plus près du lieu de l’accrochage. Deux gnomes sont étendus sur le sol, visiblement mal en point. Un regard sur ses instruments, les signes vitaux sont assez faibles mais il reste de l’espoir s’ils sont pris en charge rapidement. Réglant son bouclier sur intensité maximale, elle fait signe à ses assistants de s’occuper de celui qui se trouve le plus près de leur position. Puis elle active ses « turbottes » qui, dans un bruit d’enfer, la propulsent vers le blessé le plus éloigné, et au cœur du combat.

« GRENADES FLASH ET TIR DE BARRAGE, LES GARS ! IL FAUT PROTEGER LE TOUBIB ! »

Appréciant qu’on prenne des mesures pour assurer un peu plus sa sécurité, Mezzanine n’en réduit pas moins drastiquement le son de son communicateur, les beuglements du chef de section commençant à porter atteinte à sa concentration. D’une main sure, elle procède aux tâtonnements d’usage pour déterminer la nature des blessures, et active son appareil à diagnostic pour déterminer leur sévérité. Un tir qui s’écrase près d’elle. Un débris qui ricoche sur son armure. Elle n’en tient pas compte, mais jette quand même un oeil aux instruments qui gèrent sa sécurité. Ca clignote vert, et orange. Ca devrait tenir le coup.  Elle en profite également pour glisser une commande prioritaire sur son module de contrôle afin qu’un drone vienne illico prendre en charge le blessé, le temps qu’elle le stabilise. Un regard aux alentours. Les tirs ont perdu un peu de leur intensité, mais il ne fera pas bon moisir ici.

« ON SE REPLIE ! VITE ! DANS LE TUNNEL 24 B ! PLUS VITE, PLUS VITE !! »

L’ordre semble venir de plus loin. Elle pense un instant que les autres sont partis sans elle, puis elle se souvient qu’elle a baissé le son de son casque. Un mouvement près d’elle. Le drone qui flotte au-dessus, les grappins pour l’extraction du blessé grands ouverts. S’assurant que le robot fait bien son boulot, elle prend ensuite la direction du couloir. Ses assistants ont pu rapatrier l’autre blessé, qu’ils soutiennent tant bien que mal, en l’encadrant pendant qu’il clopine vers la zone de sécurité. Un dernier regard vers la zone de combat, afin d’être sûre que personne n’a été laissé derrière. Un flash. La sensation de voler. Fondu au noir.


*******************

Gnomeregan, extérieur de la ville, quelques heures plus tard.


« Oui commandant, j’en suis persuadé, plus que jamais. Il nous faut absolument former des troupes de reconnaissance mieux armées, comme ces fusiliers que déploient nos cousins de Forgefer lors de leurs expéditions !
Vous vous rendez compte de votre demande, lieutenant ? Cela nous obligerait à revoir en profondeur l’organisation d’une partie de l’armée, et nous prendrait des mois, que nous n’avons pas. Sans compter que cela démobiliserait, temporairement au moins, des troupes dont nous avons un cruel besoin à l’heure actuelle pour tenter de consolider nos positions.
J’en ai bien conscience, commandant, mais on ne peut plus se permettre de se fier uniquement aux données envoyées par les sondbots et les drones. Alors que de petites unités plus mobiles et moins faciles à repérer, équipés de notre meilleure technologie, de fusils longue portée et d’un arsenal de robots de combat pourraient être la clé pour atteindre nos objectifs avec un minimum de pertes.
Votre proposition est intéressante, lieutenant. Je vais en parler de ce pas à Mekkanivelle. Continuez à faire du bon boulot. »

Bruits de bottes qui s’éloignent. Sensation d’émerger d’un long sommeil, la bouche un peu pâteuse, les membres gourds. Ouvrant les yeux, Mezza reconnait les lieux. Son propre hôpital de campagne, à l’odeur si caractéristique d’anesthésiques et de médicaments de synthèse. Une silhouette qui s’éloigne, une autre assise à son chevet, avec un sourire. Dwizzle, son cousin.

« Hey ! Comment ça va ?
Comme un mannequin d’entrainement qu’on aurait martyrisé à loisir. Outch, ma tête !
Tu as pris un tir en plein dans le ventre. Heureusement que ton bouclier positronique était réglé sur puissance maximum, mais tu as fait un sacré vol plané. Togglevolt aurait surement voulu l’enregistrer pour pouvoir ré éditer ça !
Ah ! Oui j’imagine sans peine qu’il doit être vert de savoir que j’ai fait mieux que lui, dans ce domaine-là aussi. Sinon c’est sérieux ?
Rien qu’une petite période de repos en soins intensifs ne saurait solutionner. Ça va te laisser du temps pour méditer sur ta prochaine affectation. Le commandant t’envoie à Forgefer, enfin, dès que tu seras sur pied. Comme tu as grandi là-bas, il compte sur toi pour faciliter la ré activation des liens qui nous unissent avec nos cousins nains, notamment avec leurs forces armées. Tu pourrais faire ça ?
Comme si j’avais le choix ! Mais ok, ça me fera surement du bien de revoir mes parents, en plus. »


********************

Forgefer, quelques jours plus tard.

Marchant aussi vite que ses jambes, et sa convalescence récente le lui permettent, Mezzanine remonte les couloirs de la cité des nains, en direction du tram des profondeurs, en espérant ne pas arriver trop tard. Elle se remémore son périple dans la ville, la joie des retrouvailles avec ses parents, les pistes qu’ils lui ont laissées afin qu’elle puisse remplir au mieux la mission qui lui a été confié. Son arrivée à la caserne de la Garde, avec les nombreux sas à franchir avant de parvenir à l’officier pouvant la renseigner. Et la réponse décevante au final, malgré le sourire barbu de celui qui l’a tenu.

« Navré, mademoiselle Vicétincelle, mais le Commandant de la Garde, Bouclier de notre Roi, n’est pas disponible pour le moment. Si vous voulez laisser un message, je le lui transmettrais dès que possible. »

Impossible d’avoir un autre son de cloche. Soupirant sur le perron de la caserne, se demandant quelle autre route suivre, elle revoit le visage de ce sergent nain, au visage marqué et ridé comme la pierre dont il est à la fois le descendant et le gardien, son regard inquisiteur et le ton bourru de sa voix quand il s’enquiert de la raison de sa présence ici. Elle a alors commencé à aborder les détails de sa mission, récit qu’il a écouté en silence. Puis d’une main ferme, mais sans brutalité, il lui a saisi le bras et lui a fait faire quelques pas en direction du quartier gnome de la ville.

« Je connais bien vos parents, mademoiselle Vicétincelle, et je comprends très bien les raisons de votre présence. Malheureusement je ne suis pas en mesure de vous aider, mais je suis certain que le Commandant le pourrait, si vous parvenez à la convaincre. Je n’ai pas le droit de vous dire où elle se trouve, pour raison de sécurité, mais c’est fou ce qu’on fait comme rencontres intéressantes quand on va vers Hurlevent. »

La regardant puis le conduit du tram, Mezzanine n’a pas mis longtemps à faire le lien. Adressant un sourire au vieux sergent, elle s’est précipité dans la direction indiquée, commençant déjà à mettre en forme le discours qu’elle devra tenir auprès de son interlocutrice.
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MessageSujet: Re: Histoires Naines - I   Jeu 28 Jan - 10:48

En ombres violentes rouges et noires, la silhouette vacillait sur les murs de pierre de la cité plongée dans la nuit perpétuelle. Les flammes de la Grande Forge ne dormaient jamais. Les patrouilles ne dormaient pas. Et elle, ça fait bien longtemps que le sommeil la fuyait.
Ash tourna à l’angle biscornu d’une ruelle et s’enfonça dans les ténèbres. Elle appréciait le retour à Forgefer et ses pavés toujours nets, sa chaleur étouffante et la profondeur de ses contrastes. Hurlevent en comparaison était froid, bordélique, sale, et plein de gens toujours aptes à vous marcher sur les pieds en faisant semblant de ne pas vous avoir vu. Il fallait vraiment que ce boulot l’intéresse pour qu’elle se soit décidée à faire le voyage.

Elle sourit en sentant le poids du sac qui pendait à son épaule. Oh, il y avait des choses positives à son excursion chez les grands cons. L’une d’elles portait en couettes ridicules ses cheveux bleus et descendait sa bière comme personne. Sans barguigner, Astuce lui avait fourni ce dont elle avait besoin, tout en faisant néanmoins la remarque que certains des articles avaient besoin d’un convoyage soigneux pour éviter tout dégât collatéral. Ash avait surpris son regard un peu inquiet alors qu’elle emballait soigneusement un flacon de bave de rylak dans plusieurs épaisseurs de cuir. Les acides sont plus ou moins corrosifs, mais celui-là pouvait attaquer le métal d’une armure de bonne facture en quelques minutes. Pas de questions, pas de réponses. Mais ce regard voulait tout dire.

Ash se rencogna dans l’échancrure d’un porche au soutènement renflé, et glissa dans la serrure une clé multipôle, son chef-d’œuvre à ce jour. Cliquetis, cliquetis, vrombissement, et la porte huilée se débloque avec un claquement assourdi. L’obscurité du dedans n’a rien à envier à celle du dehors.
La naine entre, s’avance et tire sur un fil qu’il faut savoir là. Un bruit de liquide qui coule dans un récipient, et une lueur fantomatique, verdâtre, emplit peu à peu la pièce de son ambiance glauque.
Un atelier oui, mais on ne l’aurait pas imaginé ainsi. Dans une cité de pierre et de feu, pour un personnage de chair et de feu, la pièce se révèle nette, froide, apurée de tout son fourbi habituel.

Ash souffle par le nez et dépose précautionneusement son fardeau sur la table au centre de la pièce. « Il » était déjà passé par là. Il fallait toujours qu’ « il » fasse son intéressant. Heureusement que les avantages en nature valaient le coup.
Elle sortit les objets de son sac, un à un, les étalant sur toute la surface de son plan de travail. Puis elle alluma quelques lampes alors que le liquide lumineux faiblissait dans sa fiole fragile.

Du beau travail. Elle chargerait les autres bagages avec le matériel commun, mais ça, ça resterait près d’elle. Un coffret de métal renforcé qui contenait de la saronite. De la poudre à la finesse invraisemblable, pour les travaux délicats. Différents acides et détonateurs, de la mèche à combustion lente, et des flacons contenant quelques merveilles alchimiques qui n’avaient rien à envier à l’ingégobelinie. Bref, elle avait de quoi produire des POUMs d’une importance mortelle, jusqu’à de quoi localiser la même puissance de feu sur une tête d’épingle. Nul doute qu’il allait être impressionné, le nain payeur de bières de l’autre soir.

Pourquoi faisait-elle tout cela ?

Haussant les épaules, Ash passa dans une autre pièce et tisonna une large cheminée, pour y faire naître la lumière et la chaleur. Autant demander à un gnoll pourquoi il grogne. Elle était née pour l’explosion. C’est là qu’elle se sentait vraiment entière et professionnelle, à doser des poudres, jouer avec des mixtures dangereuses et oublier tout le reste. Une poudre, c’était simple, et complexe en même temps, ça pouvait vous arracher les doigts ou la tête si on la malmenait… comme elle en somme. Une poudre, c’était complexe mais si simple, on la respecte, on prend soin d’elle et elle vous le rend au centuple.

Elle soupira, et se frotta les yeux du poing. Le trajet en tram avait été languissant et la fatigue morale s’accumulait, elle ne parvenait plus à aligner deux pensées cohérentes. Le magma de ses réflexions s’effilochait en idées parasites qui volaient la substance de son mental, et ses émotions turpides s’emparaient des filaments de ses sens pour dénaturer la logique, décérébrer la raison et défenestrer tout ce qui s’opposait à leur cours chaotique.

Merde.

Cette image triviale la fit rire, et elle se dirigea plus vivement vers la pièce du fond, une alcôve comportant un tas de ballots de couvertures que certains devaient peut-être appeler un lit. Elle déterra sous le duveteux amas un cadre de bois étroit rempli de balle de foin, et y étala ses couvertures en baillant déjà.

Une expédition dont les détails demeuraient dans l’ombre… Une porte à ouvrir en un lieu inconnu, dans des circonstances inconnues, et qui doivent rester à jamais secrètes… L’assurance de boire et manger à l’œil, en vivant des aventures, avec des nains qui ne la rejettent pas de prime abord à cause de son teint sombre, et qui ne savent rien de son passé… Comment aurait-elle pu dire non ?

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